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30 novembre, 2009

Au pays du petit Père Noël des peuples

Nous y sommes. Nous avons changé d’heure, il fait nuit au milieu de l’après-midi, le froid a gagné nos contrées heureusement assez riches pour subsister malgré le gel, plus aucun doute n’est permis, la grande célébration de Noël approche à grands pas. Les guirlandes ornent les rues de nos villes et villages, avec des ampoules basse consommation pour ne pas faire de peine à Mr Hulot et à Mr YAB, et les rayons chocolat des hypermarchés – ça fait plus classe que supermarché – enflent comme des bonus de trader. Même pour les marchés financiers la magie de Noël existe. Mais peu importe, fêter la naissance de Jésus – pour peu qu’elle ait réellement eu lieu – donne l’occasion aux guerres de faire une trêve, au cynisme de rester en sourdine et aux citoyens d’arrêter de réfléchir aux problèmes du monde. Qui a dit que ça ne doit pas les changer beaucoup ? On a dit quoi avec le cynisme et Noël ? C’est l’occasion pour chacun de se laisser aller à la candeur et à la fraicheur – ce qui est plus facile en hiver. Une sorte de retour vers l’enfance. Ces grands enfants que nous sommes tous. Ces enfants que nous souhaitons tant redevenir. Enfin, que vous souhaitez tant redevenir.

Mais que motive l’envie de retourner à cet âge proprement détestable ? Non ce n’est pas du cynisme, une simple question. Parce que j’ai beau me creuser l’entendement, je ne trouve rien d’attirant dans cette période de la vie. Alors d’accord on vous loge, on vous chauffe et on vous nourrit au frais de la princesse, vous n’avez à vous soucier de rien de vital, on le fait pour vous. Je connais un autre endroit où ça fonctionnait comme ça, ça s’appelle Moscou. On s’occupait de vous, crèches, logements, emplois et tout. Mais comme quand vous disiez quelque chose qui ne plaisait pas à papa et maman, la Mère Patrie vous envoyait, sans dessert, en Sibérie, histoire de vous rafraîchir les idées. Idem avec l’information, tout ce qu’on vous propose à voir, à lire, à entendre est ce que l’intelligencia familiale a préalablement  choisi pour vous, car elle seule sait ce qui est bon pour vous. Sans parler des tenues hideuses dont on vous affuble sans vous demander votre avis, le plan quinquennal maternel a tranché pour vous ce que sera votre garde-robe pour les prochaines cinq années. Les déplacements sont également très compliqués. Déjà, tout comme un bon petit soviet, étant enfant vous avez droit – en plus de votre pénis – à une voiturette à pédales. Chez les Rouges, même traitement. Les seules auto disponibles sont en tôle et vont aussi vite que si l’on pédalait pour les faire se mouvoir. Mais peu importe la vitesse puisque vous ne pouvez guère sortir du petit territoire qu’on aura défini pour vous, le pâté de maison ou l’U.R.S.S., au choix. Et si jamais vous tentez d’aller au delà, la punition ne se fera pas attendre. Bien entendu, c’est pour votre bien que l’on vous garde enclos ainsi. Au dehors, ils règnent mille dangers que vous seriez bien audacieux de vouloir braver, alors on préfère vous garder en retenue plutôt que de vous savoir au contact de l’inconnu.

L’inconnu, voilà ce qui semble motiver le retour en arrière que tant souhaitent. Savamment encadré par le Parti des Conjoints – PC – que forme les géniteurs, on ne craint rien ni personne. En son sein, rien ne peut nous atteindre, sauf si l’on grandit en Belgique, mais déjà à la base ce n’est pas de chance. On reste alors englué dans une routine quotidienne encore plus lourde que le pléonasme que représente cette phrase. L’école, l’usine, les devoirs, plan quinquennal, les dessins animés, la télé soviétique, les instituteurs, le KGB, les parents, le Parti, la clôture du jardin, le rideau de fer. Rien que l’on ait vraiment pensé ou fait nous-mêmes donc. L’habitude, c’est ce qui décrit le mieux l’enfance. Elles sont des dizaines, des centaines pour les plus enclins à fréquenter un psychanalyste, et votre vie n’est heureuse que si elles sont satisfaites. On est loin de l’insouciance que les plus amnésiques ont, seule, retenue. L’enfant que nous étions se posait des milliers de questions et n’hésitait pas à enquiquiner le Parti dans le but d’avoir des réponses plus ou moins satisfaisantes, et en lui brisant les parties bien souvent.

Heureusement, la fin de l’enfance approchant, on tentera bientôt, à l’aurore de son adolescence, son Printemps de Prague à soi, aussitôt réprimé de façon démesurée. Mais qu’importe, on sait que le rideau de fer est prêt à céder, c’est une question de temps. Arrive alors le jour béni où notre terrain de jeu ne se cantonne plus au pâté de maison, mais s’étend d’un pôle à l’autre. Suite à la perestroïka, le PC est bien souvent scindé et s’est regroupé d’un côté en Union des Mères Paupérisées et de l’autre en Nouveaux Pères Alcooliques. Un divorce souvent difficile à comprendre pour les enfants de l’ancienne Mère Patrie, mais qu’importe, seul l’avenir compte désormais. On retourne avec nostalgie sur les steppes arides de ce qui fit notre bonheur passé et l’on se rend compte, avec le recul, de la misère qui fut la nôtre. On a pris goût à cette liberté, à ce bonheur décuplé. De se savoir impossible à remettre au goulag donne des ailes.  Alors, à tous ceux qui rêvent de s’envoler pour le pays imaginaire – ne comptez pas sur la RATP pour ça–, croyez-vous que les ex-soviétiques repensent avec tendresse à certains épisodes de leur vie en U.R.S.S. ? C’est très probable. Quand on a livré la Trabant à Youri, Elena était en larme tellement elle était heureuse. Mais ne les pensez-vous pas plus heureux maintenant qu’Igor, le frère de Youri, est revenu du goulag et qu’ils voyagent à travers le monde, ensemble ? Je vous laisse seul juge. Pour ma part, je pense avoir eu une enfance heureuse mais, tout comme je pense que peu de russes voudraient revenir à l’ère soviétique, je ne voudrais retourner en enfance pour rien au monde. Quant au Père Noël, un bonhomme habillé en rouge qui distribue à toute la population des cadeaux tous similaires, s’il ne représente pas la quintessence du communisme, je veux bien être privé de dinde et de marrons le mois prochain.

 

Par leshainarques le 30 novembre, 2009 dans leshainarques, Societe
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18 novembre, 2009

My american taylor is very Emmerich

Ils nous avaient prévenus. L’accroche du film est posée, et je dirais même que ça résume au mieux ce qui se passe dans la salle, face à ce blockbuster. L’apocalypse au cinéma, ça donne plus souvent des films catastrophiques que des films catastrophes. La fin du monde vue par le plus Hollywoodien des allemands, ça n’innove pas dans le genre, mais au moins ça fait rigoler.

A vue de nez, ça fleurait bon le nanar en puissance et Emmerich ne nous déçoit pas, en tant que maître du genre, et signe un retour en force avec cette bombe. Cet expert en fins du monde nous fait partager sa vision de la prophétie Maya – entre autres – selon laquelle la Terre verrait sa croute terrestre se transformer significativement suite à un alignement de planètes avec le Soleil. Assez significativement du moins pour, au passage, créer des raz-de-marée un peu partout et ainsi décimer la totalité de la population, ou presque.

Presque, parce qu’il faut bien faire un film, et qui dit film Hollywoodien dit héros invincible. Ainsi voilà Jackson Curtis, bon père de famille, divorcé, mal dans sa peau, dont le fils n’éprouve pas grand chose pour lui et la fille mouille ses draps à huit ans. Vous l’avez déjà vu celui-là ? Non, je ne crois pas… Le beau-père qui vit à Beverley Hills, Porsche garée devant la villa, et exerce la noble profession de chirurgien esthétique, vous trouvez ça cliché ? Si vous vous arrêtez à des détails comme ceux-ci, la suite ne vous plaira pas ; sinon, vous allez adorer. Et n’oublions pas la jolie maman, qui ne sert à rien, puisque la fin du monde selon Emmerich c’est une affaire d’hommes, sinon à nous bouleverser dans un retournement de situation de dernière minute que je ne vous conterai pas plus tard. Voilà donc la fine équipe prête à en découdre avec le 21 décembre 2012.

Alors ça commence comme le Jour d’Après, avec des scientifiques qui ont peur et qui tentent d’alerter leur gouvernement qui se moque d’eux, mais moins longtemps parce que, depuis, Al Gore a redonné une crédibilité aux scientifiques. On continue dans Volcano, où le but du jeu est d’éviter les boules de lave en fusion qui courent après nos héros. Puis un petit coup de Deep Impact avec des grosses vagues qui immergent toutes les grandes villes du monde, et même leurs banlieues. Ensuite, le, classique d’entre les classiques, discours du président des Etats-Unis d’Amérique juste avant que ce dernier ne meurt, façon Independance Day. Un clin d’œil à Hergé quand l’avion s’écrase au milieu de l’Himalaya – ils ne verront pas le Yéti. Puis fin à la Titanic suivie de très près par La Croisière s’amuse, happy end oblige.

En quoi le film révolutionne-t-il le genre ? En rien. En quoi le film est-il bourré de clichés ? Je ne promets pas de ne pas en oublier, mais je vais essayer.

Tout d’abord, ne perdons pas de vue qu’Emmerich est allemand. Donc, pour user de préjugés, chers à ce réalisateur, il n’éprouve pas les sentiments de la même façon que les autres humains. Pour pallier ce manque cruel d’affect, il a une parade. Ça commence par des dialogues creux et vides, de telle sorte qu’ils soient universels, puis on enduit de mielleux accords de violons, et hop, le système lacrymal du premier spectateur venu est touché. Bon, cette recette est américaine à la base, mais le mélange des cultures, c’est ça l’esprit américain.

D’ailleurs, parlant d’esprit, Emmerich baptise l’avion qui sauve notre équipée de l’effondrement de la Californie le Western Spirit. L’intouchable Esprit Occidental fait fi du grondement de la Terre, se joue de sa colère. L’aéronef vole au milieu des nuées ardentes et ressort, on ne sait comment, du nuage de cendres et de poussières, même pas peur, même pas mal. Et comme de l’esprit à la Bible il n’y a qu’un pas, le salut – d’une partie – de l’humanité se trouve dans des arches créées par une union internationale de gouvernements. Nos bergers qui veulent notre bien et qui nous sauvent de la montée des eaux. Enfin, qui sauvent les riches, ce qui occasionnera un débat hautement philosophique durant le film.

Mais revenons à nos moutons, enfin à Jackson Curtis et sa petite famille. Je vous passe les détails, mais grâce à des prouesses de mise en scène, d’une subtilité rare, notre héros découvre qu’il existe des arches, cachées au grand public, et même s’il n’a pas sur lui le milliard d’euros requis par siège, il tente quand même le coup.

Alors, devinette : où peut-on construire en moins de trois ans huit vaisseaux capables de sauver quatre-cents mille personnes de la fin du monde, avec renforts spéciaux de la coque et stabilisateurs pour l’impact de l’onde de choc ? En Chine bien-sûr. D’ailleurs, personnellement, je trouve ça cher un milliard d’euro par personne pour huit répliques du Queen Mary vaguement futuristes et des vérins hydrauliques pour les tenir, mais passons.

Seconde devinette (on passe aux charades plus tard) : vous êtes à Las Vegas, accompagné de vos deux enfants ainsi que de votre ex-femme et de son nouveau copain. Comment rejoindre l’Himalaya ? Vous lancez les dés, faites un double six et allez directement en case « mon patron russe vole un avion et m’emmène », bien joué ! A propos du patron russe, une caractérisation très poussée du personnage nous apprend qu’il est multimilliardaire, ancien boxeur et sort avec un mannequin à fausse poitrine. Ça frise l’étude sociologique, je vous l’accorde, mais il est comme ça Roland, au plus près de la vérité.

Tellement près de la vérité qu’on apprend dans le film que les indiens –d’Inde – mangent du poisson au curry, que les chinois sont moines et boivent du thé à côté de grandes cloches en bronze et que le premier ministre de l’Italie préfère prier plutôt que de sauver sa peau. Dans la lignée de ces trésors d’observations anthropologiques, nos petits amis parviennent à pénétrer les navires grâce à des chinois rencontrés en route. Et bien entendu, il n’aura échappé à personne – et surtout pas à notre réalisateur préféré, après Michael Bay – que ces gens-là sont d’éternels clandestins et voyagent volontiers dans les cales des bateaux. C’est donc tout naturellement que Jackson Curtis et sa famille se retrouvent dans la soute d’une arche, accompagnés par des professionnels de l’évasion douanière. D’ailleurs, en passant par les soutes ils évitent la cohue de la porte d’embarquement, aussi bondée qu’Ellis Island à la belle époque. La comparaison est poussée un peu plus loin, puisque pour être sauvé de la fin du monde, il faut avoir en sa possession une Green Card. Oui, un visa pour les Etats-Unis dans la vraie vie, mais un ticket pour la survie dans le film. Koulechov n’aurait pas manqué de verser une larme.

Malgré ses grandes qualités, Emmerich n’est pas un prix Nobel de mathématiques. Celui-ci nous annonce une vague de mille cinq-cents mètres de haut, ce qui suffit à submerger l’Inde en totalité, je le concède. Par contre, que cette même vague passe par dessus les sommets de l’Himalaya, dont quatorze dépassent les huit milles mètres, je me permets d’émettre une réserve. Enfin, puisque les effets numériques le permettent, faisons-le.

Ces quelques détails n’ont pas empêché la salle dans laquelle j’étais d’applaudir à plusieurs reprises, et même, une voix s’est élevée en fin de film, dans un moment génial, afin de crier « vive l’Afrique ! ». En effet, suite aux bouleversements de la croûte terrestre, le toit du monde, le plus haut sommet, se trouve désormais en Afrique. D’où une superbe réplique du film : « l’Afrique s’élève ». Cette seule phrase semble convaincre de pauvres gens de tout le bien que pense Hollywood de ce continent. Pourtant durant le film, on nous montre la vague détruire l’Europe et l’Inde, des tremblements de terre en Amérique du Sud, des écoulements de lave aux USA mais rien en Afrique. Sûrement un oubli. On aura également oublié de les inviter dans les arches. On y voit embarquer les chefs d’Etats et de gouvernements européens et américains, des émirs asiatiques, des russes, mais on ne croise aucun africain, sinon une girafe et un rhinocéros. Ça fait léger pour un éloge du continent noir. A moins que la morale ne soit que pour que le continent africain ne s’élève, il faille lui ôter ses natifs, ou pour parler moins politiquement correct, faire disparaître les africains. Néanmoins, ça fait un peu cliché un allemand qui s’aide d’une idéologie américaine afin d’éradiquer une partie de la population en rêvant d’un monde meilleur. Oh yes Roland, i had a dream. Mein Traum, mein Kampf*.

 

* Oh oui Roland, j’ai fait un rêve. Mon rêve, mon combat.

Par leshainarques le 18 novembre, 2009 dans Actualite, leshainarques
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7 novembre, 2009

V for Visiblement le terrorisme, c’est pas un truc de catholiques !

 

La symbolique des lettres, des chiffres, des évènements, a toujours fasciné tant les groupes que les individus, les plus humbles comme les plus puissants, les plus sots mais aussi les plus brillants. C’était il y a peu le 5 novembre 2009. Le 5 novembre, qui s’écrit V en chiffre romain, marque l’anniversaire de la fameuse conspiration des poudres. Si, si, vous savez, le complot qui a inspiré la bande dessinée V for Vendetta – quand on parle de symbolique… Si vous ne saviez pas courez chez le libraire, Alan Moore revient à la mode en ce moment et ça vous changera des bandes dessinées qui caricaturent une célébrité quelconque avec autant d’humour qu’un comique à succès français sous la présidence Sarkozy. Bref, en attendant de lire un maître des comics américains, voilà ce qu’il faut savoir sur cette conspiration.

Tout d’abord c’est une conspiration donc c’est cool. Le mystère, les complots, les plans élaborés avec une obsession perfectionniste. Car le droit à l’erreur est un luxe qui n’appartient pas aux émules du Roi Loth. Et enfin le hasard, qui fait bien les choses – ou Dieu, qui a le sens de l’humour faisant tant défaut à ses fidèles – et qui laisse un événement anodin avoir raison de tous les efforts mis en place pour l’exécution de la machination. Bref du suspens, du danger, de la bravoure et de la lâcheté, souvent du sexe et du sang donc tout ce qu’il vous faut pour faire un bon Soap ou, avec un peu de talent, une très bonne BD.

Ensuite si vous êtes islamiste intégriste ou si vous ne pouvez tout simplement pas blairer les catholiques surexcités qui nous escagassent le neurone à conneries avec leur islamophobie le plus souvent injustifiée, la conspiration des poudres, c’est un attentat catholique. Fait par des chrétiens, pour des chrétiens, comme des crétins. Car si le motif est aisément compréhensible, si l’acte peut prêter à réfléchir, la raison de son échec atteint un niveau de stupidité jamais égalé par des croyants et leur dieu seul sait qu’ils ont un historique fournit à ce niveau.

En effet, Le roi Jacques 1er d’Angleterre, de confession anglicane, avait promis aux catholiques plus de tolérance. C’était sans compter sur l’humour britannique dont il ne manquait pas car il se mit en tête de persécuter tout ce qui n’était pas au moins protestant. Légèrement frustrés par une telle décision, les catholiques, privés du soutien espagnol, décidèrent d’en finir avec Jacques comme Chirac avec la majorité parlementaire. D’un coté, on peut les comprendre, eux qui avaient passé leurs vies à condamner la sodomie, ils se l’étaient fait mettre en beauté.

En finir donc, en stockant dans une cave de la chambre des lords, 670 kilos de poudre, destinés à envoyer en enfer ou au paradis selon les versions le parlement au complet et la famille royale. Seulement chez les catholiques, comme partout ailleurs, à part peut être chez les bouddhistes, on trouve des honnêtes gens qui n’ont rien contre le fait de massacrer de parfaits inconnus, tant qu’ils ne sont pas de la même religion. Des honnêtes gens donc, bien décidés à prévenir le Baron de Monteagle, un bon catholique qui devait assister de près aux feux d’artifices. Hélas, n’ayant rien compris au but de la manœuvre, il prévint le gouvernement que quelque chose se tramait. Là déjà, c’est drôle. Mais le meilleur reste à venir, car la religion inspire la grandeur, dans la bonté et l’humanisme parfois, mais dans la connerie et le ridicule surtout.

Avertis de l’existence de la lettre de mise en garde, les conspirateurs ne flanchèrent point. Plutôt que de tout reprendre à zéro pour avoir une chance de réussir, ils se rendirent, le cinq novembre au matin, dans ladite cave, histoire de vérifier que tout était prêt pour les festivités à venir. Ils y furent cueillis comme des pommes, puis condamnés, pour la plupart, à être pendus, étripés puis coupés en morceaux. L’humour britannique vous dis-je.

 Alors certes, cette histoire, surtout contée par moi, peu difficilement constituer une source d’inspiration crédible pour une œuvre aussi subversive que l’histoire de Mr. Moore. (Alan pas Michael, j’ai dit subversif pas démagogique.) Pourtant, derrière l’acte terroriste légitimement condamnable, une fois passé la stupidité du problème à l’origine de cette action et le ridicule de la mise en œuvre, on peut trouver une morale dont l’actualité fait passer l’envie de rire. Car Guy Fawkes et ses complices se sont levés contre un régime qu’ils jugeaient, à tort ou à raison, autoritaire, abusif et oppressant. A une époque où lutter contre le pouvoir en place était synonyme de mort certaine (d’ailleurs – et sans mauvais jeu de mots – il n’y ont pas coupé) ils ont su protester, défendre leurs idées, en assumer les conséquences. Il n’est absolument pas question de faire l’apologie d’une quelconque forme de terrorisme, mais plutôt de mettre en exergue la passive indifférence qui est presque devenue la nouvelle religion d’état. C’est pourquoi, aussi surprenant que cela puisse paraître et aussi difficile qu’il soit pour moi d’écrire ces mots : faites comme les catholiques, pensez par vous-même !

Par leshainarques le 7 novembre, 2009 dans leshainarques, Politique, Religion, Societe
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