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28 octobre, 2009

L’armée des douze

 

Chers lectrices et lecteurs,

tout d’abord,  nous vous remercions de passer de façon régulière sur ce blog. Depuis peu, certains se risquent même à réagir via les commentaires, quelle audace !

Mais venons-en au fait.

Comme vous l’avez sûrement remarqué, la cadence d’écriture du blog est assez variable – ni moi ni Eric Besson ne dénoncerons personne, mais il se reconnaîtra. Par conséquent, nous vous recommandons une autre lecture visant à combler l’incommensurable manque que représente, chez vous, l’absence de nouvel article de notre part.

Cela s’intitule   http://les12salopards.wordpress.com/

Quand on les voit, on ne peut s’empêcher de se dire qu’il aurait mieux valu qu’ils s’appellent L’armée des douze singes. Toutefois, leurs petits reportages, indignes du treize heures de Mr Pernaut, sont amusants, pertinents et écrits en bon français bien de chez nous. Trois excellentes raisons de les ajouter à vos favoris donc, juste à côté des hainarques.

 

Au plaisir de vous écrire très prochainement.

Les hainarques.

Par leshainarques le 28 octobre, 2009 dans Actualite, leshainarques
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26 octobre, 2009

Peerates

On ne peut plus lire un dvd sans être asséné de messages culpabilisants. « Tu ne voleras point », un commandement, un ordre même. Et si l’on va contre ce précepte, honte à nous, les dieux de la culture seront très fâchés.

Voilà maintenant une quinzaine d’années que l’Internet a commencé son extraordinaire développement. Quel rêve : partager sans limite, sans frontière, sans barrière et avec toujours moins d’attente ! Les P.T.T l’ont rêvé, l’armée américaine l’a fait. Pour un tout petit racket mensuel de l’équivalent d’un demi plein d’essence, on peut voyager partout dans le monde, sans bouger de son fauteuil. Bon d’accord, les Fournisseurs d’Accès à Internet (FAI) ont tenté un pari courageux à l’époque, mais c’est le principe d’un pari d’un autre côté… Sauf que c’est un pari qui rapporte très gros, même plusieurs années après. Une sorte de jackpot qui tomberait régulièrement.

Hélas, cet argent, dépensé pour se connecter, commençât à manquer pour d’autres géants du divertissement. Les majors hollywoodiennes, qui avaient séduit le monde entier avec leurs sourires plus blancs que des coques d’iPhone et leurs effets spéciaux, si chers à Mr Bay, étaient menacées. Un peu partout dans le monde, ils voyaient leur travail se diffuser, tout comme naguère, mais sans qu’il ne leur revienne un seul cent ! Une honte donc. Bon d’accord, ils faisaient les mêmes films depuis cinquante ans, seuls les noms des belles gueules affichées changeaient, mais tout de même. Un peu de respect pour une vieille dame qui fit jadis rêver le monde, et qui continue d’en faire rêver certains. Rendez-vous compte : on peut posséder, chez soi, une copie de n’importe quel film, en le téléchargeant, en quelques heures… et gratuitement !

Pour la fille de joie qu’Hollywood est, quel coup dur. Imaginez qu’on ne soit plus obligé d’aller au bois de Boulogne pour obtenir le plaisir que madame ne nous offre plus, mais que cela soit disponible, pour rien de plus qu’une connexion Internet, à domicile. Rude coup de semonce contre le corps péripatétique. Enfin, les prostituées ne peuvent pas descendre dans la rue étant donné qu’elles y sont déjà, et puis, ce n’est pas évident de scander des slogans la bouche pleine. Malgré tout, la petite reine de Los Angeles, elle, se rebiffe. Accusant les FAI de jouer le jeu du piratage. Terme assez cocasse si l’on envisage un pirate affublé d’un crochet pour taper sur son clavier et d’un bandeau sur l’œil pour regarder son écran. D’ailleurs, Jack Sparrow est une des licences (oui, on parle d’industrie ici, pas d’Art) qui a le plus rapporté ces dernières années, ironie du sort.

Les majors aiment à qualifier de pirate tout individu préférant télécharger un produit audiovisuel, dit culturel – Fast & Furious 4, Justin Timberlake, Saw VI, etc – gratuitement, plutôt que de se rendre dans l’échoppe (la Fnac de Mr Pinault, un copain à elles) la plus proche pour l’acheter en toute légalité. Que les grands studios produisent des suites interminables, et surtout minables, sans talent et les vendent des fortunes est légal. En revanche, refuser de payer pour avoir accès à ces étrons, sans attendre la diffusion TF1, ne l’est pas. Etrangement, certains films attirent les gens dans les salles et se vendent bien en dvd. Des chanceux nommés Tarantino ou Gondry, mais il y en a d’autres. D’ailleurs, aucun de leur film n’a de suite – Kill Bill mis à part, mais les deux volets forment un seul film, donc ça compte pas. Il est donc possible de se renouveler sans cesse ? Incroyable.

Se renouveler. Voilà une chose bien complexe pour les vieilles dames, Hollywood ne déroge pas à cette règle. Déjà avec la VHS, elles avaient crié au scandale, au vol, à l’infamie ! La mort programmée de son industrie n’eut pas lieu, et tant mieux. Un peu comme les histoires de ses films, celle des majors se répètent et se ressemblent, et c’est souvent de mauvais goût. Accuser le téléchargement, la nouveauté, c’est plus pratique que de se remettre en question. Ces ancêtres de l’industrie culturelle – superbe oxymore – n’ont jamais aimé le changement. Ils font les mêmes films, les mêmes chansons, avec les mêmes histoires, pour les mêmes gens depuis trop d’années pour changer maintenant. Pourtant, certains arrivent à faire télécharger de la musique et des films contre des dollars. Un tour de force qui n’en est plus un si l’on propose un service de choix et de qualité au public.

Malheureusement, au lieu de créer des services internetiques permettant de vendre leurs productions directement chez les spectateurs, la Fox, la Warner et leurs amis préfèrent l’intimidation. De toutes façons, ils savent mieux que le public ce qui est bon pour lui et ce qui ne l’est pas. Et ne pas donner la pièce à la dame après s’être rincé l’œil, c’est mal. Ils le scandent d’ailleurs : Télécharger tue les artistes. Et le téléchargement passif, tue-t-il leur entourage ? Si cela pouvait aider à tuer Coldplay et leurs amis U2, je me mettrais au Torrent avec plaisir ! Mais enfin, oser nous imputer une quelconque culpabilité à propos de la mort de leurs poulains… Mike Brant et Cloclo n’ont pas eu besoin d’eMule pour connaître un destin tragique. Alors, comme disait Dalida : paroles et paroles et paroles et encore des paroles ! Produire sans cesse les mêmes artistes, les mêmes formats, raconter sans cesse les mêmes histoires ne nuit-il pas aux artistes ? N’est-ce pas tuer des artistes que de préférer reproduire des chansons déjà entendues mille fois, des films dont on connaît la fin au bout de cinq minutes ? Et peut-on appeler artistes des gens qui répondent à un cahier des charges pour créer ? Télécharger ne tue personne. Pas d’artiste du moins. Peut-être des gens talentueux mais corrompus, tel Mika, qui sortent des albums identiques les uns après les autres. Tous à vos pairs donc - et lâchez la mienne ! Seedons-les jusqu’à l’os !

Par leshainarques le 26 octobre, 2009 dans Actualite, leshainarques, Politique, Societe
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18 octobre, 2009

Deux boules Manille

C’est le pied d’être pédophile en France, en grec aussi me diront les lettrés d’entre vous qui laissent traîner leurs yeux sur cette page ! Mais il n’est pas question ici de déviances tarantinesques. J’ai toujours cru que les étrangers nous attribuaient une réputation de dépravés sexuels sans raison. Mais depuis que j’ai vu dans la même journée, un pédophile récidiviste condamné à un an et demi de prison avec sursis et un pauvre bougre prendre cinq ans ferme pour avoir piqué dans la caisse de sa société, j’ai ravisé mon point de vue. Cette permissivité qui choquerait tout bon catholique – et rassurerait son curé – est cependant logique, une  fois qu’on met ses sentiments de côté. Après tout si papounet fait découvrir la vie à sa fille de cinq ans, c’est un choix d’éducation. On ne va pas en faire un drame.

Oui en France, quand on massacre des bébés phoques, les célébrités manifestent leur mécontentement, quand la banquise fond, tuant plus de bébés phoques, elles réitèrent leur démarche. Mais lorsqu’un foc s’en prend à des bébés, on peut espérer un reportage TF1. Vous me direz, et non sans raison, que les bébés phoques disparaissent à grande vitesse. Tandis que si les enfants viennent un jour à manquer – et la jeunesse insouciante comme les intégristes religieux travaillent activement contre un tel phénomène – chacun pourra importer le(s) sien(s) d’Afrique. Comme une star hollywoodienne ! Alors, il est normal que quand un cinéaste possédant les penchants sexuels d’Edgar Allan Poe soit emprisonné, on ne puisse échapper à une pétition pour demander sa libération. Le tout soutenu par notre brave ministre de la culture. Entre pédophiles, on se serre les coudes, quand on ne serre pas de jeunes enfants.

Cette situation met notre gouvernement dans l’embarras. Il est déjà difficile de faire accepter l’expulsion d’ethnies clandestines à grand coup de charters. Si en plus il faut expliquer pourquoi un pédéraste a hérité d’un portefeuille ministériel, rien ne va plus. Une fois encore, un minimum de logique froide résoudrait tous les problèmes. Si on met Frédéric Mitterrand au ministère de la jeunesse et des sports, dans trois mois, il n’y aura plus un seul magrébin, asiatique ou africain clandestin de moins de vingt-cinq ans en France ! Sans papiers oui, sans morale non ! Maintenant que le neveu de l’ancien président déclare qu’il couchait avec des hommes âgés d’une quarantaine d’années lors de ses pérégrinations étrangères, les rues de France ne sont plus sures pour tous les immigrés ! Brice Hortefeux en rêvait, Mitterrand l’a fait ! Si après on remet encore en question la politique d’ouverture de Sarkozy…

L’extrême droite quant à elle, manque une fois de plus d’ouverture d’esprit en qualifiant son voyage en Thaïlande de tourisme sexuel. C’est une coutume locale ! Aller en Thaïlande sans coucher avec un enfant de douze ans, c’est comme aller en Italie sans lyncher un rom après une bonne cuite. Si le front national se montre si tolérant sur le lynchage des roms, pourquoi cette exception thaïlandaise ? D’ailleurs les italiens, eux, ne jugent pas leur président parce qu’il couche, de temps à autre, avec une demi douzaine de prostituées mineures. Fussent-elles romanichelles !

Mais soyons patriotes ! Défendons cette coutume française. Ne jetons pas la pierre aux pédophiles – ils s’en serviraient pour lester les corps de leurs victimes ces cons. Ces hommes ne sont au final pas bien différents de vous et moi (enfin surtout vous). Un pédophile, c’est un homme qui déborde d’amour et de partage. S’il se moque du consentement de sa victime, c’est pour éviter que le poids de la responsabilité ne vienne peser sur ses frêles épaules. S’il met en ligne ses ébats avec sa petite fille, c’est pour que tous ses semblables puissent partager son bonheur. Vous-mêmes ne mettez vous pas les photos de vos moments de bonheur sur facebook ? Enfin, si une fois sa besogne accomplie, il tue l’enfant, c’est uniquement pour éviter que cette expérience ne vienne traumatiser son développement !  Les enfants sont cruels, ils seraient capables de se moquer de la jeune victime durant des années et des années. Alors autant éviter une telle souffrance, une grosse pierre, une rivière et coulez jeunesse !

La démocratie nous a apporté la tolérance. La possibilité de vivre en harmonie avec son voisin, quelque soient les différences qui nous séparent. Et la France a toujours été une pionnière en matière des droits de l’Homme. Montrons au monde entier  que les pédophiles sont des gens normaux. Ne faisons pas comme ces américains qui condamnent leurs violeurs d’enfants à plusieurs siècles de prison. Ridicule ! Continuons à punir plus sévèrement le vol que le viol. Le respect de la propriété avant celui de la personne, voilà une valeur sûre pour construire un pays. Mitterrand Président !

Ah ben merde, ça a déjà été fait !

Par leshainarques le 18 octobre, 2009 dans Actualite, Politique, Sexualite, Societe
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12 octobre, 2009

Screen spleen

Je constate avec tristesse que la religion recule dans une grande partie du monde. Hormis les enturbannés hystériques et les créationnistes pratiquants, les croyants manquent. Malheureusement pour les enfants de chœur, si le monde avance alors que la religion recule, comment voulez-vous que les curés les… hum, leur inculquent quoique ce soit ? De plus, nos chers enfants ne sont plus prompts à avaler n’importe quoi, ils sont de plus en plus précoces – bien que je ne voie pas en quoi c’est une qualité. Ils s’informent, savent plein de choses, et ils le partagent !

La foi en un Etre bienveillant et omnipotent a été remplacée. Non pas par Mr Obama, quoi qu’en dise la Nobel Foundation, mais par l’information. Et elle va de plus en plus vite. Il n’y a, alors, rien d’étonnant que des bouquins écrits sur un coin de table après une partie de squash sur le mur des lamentations, il y a 2000 ans, ne séduisent plus. On a déjà du mal à se rappeler de toutes les informations qu’on a reçues la veille ! Alors pour s’en souvenir, on fait une sélection de ce qu’on a préféré et on la fait suivre sur son Facebook, Twitter ou autre Myspace pour que tout le monde en profite. Et nous trouve super cool, parce que, quand même, il est trop mignon ce petit chat qui danse ! Ridicule ? Peut-être que l’immense majorité de ces informations ne sont pas essentielles à notre bonheur. Peut-être que ce principe de site communautaire n’est en fait qu’un superbe oxymore qui segmente les populations au lieu de les rapprocher. Mais enfin, ridicule … il est super chou ce petit chat ! C’est pas notre vieux chat rhumatisant qui danserait comme ça en tout cas.

Une fois cette charmante vidéo partagée avec toutes les personnes qui font partie de mes contacts, ce qui ne signifie pas pour autant que j’aie effectivement des contacts avec elles, j’attends la consécration : des commentaires. Faute d’avoir brillé durant mon cursus scolaire en intégrant une école d’administration notoire – même si finalement je travaille pour l’administration, comme secrétaire ; faute d’avoir été retenu en faisant vibrer le jury de la Nouvelle Star ; faute de vivre  le moindre événement qui susciterait l’intérêt de tous, j’attends avec impatience qu’on me dise à quel point ma vidéo du petit chat qui danse est sensationnelle. Certes, il n’est question d’aucun de mes talents dans cette vidéo, mais dénicher et partager ce genre de chose, n’est-ce pas un talent ? Peu importe, je récolterai la gloriole de ma trouvaille !

Depuis des années, on me promet que, moi aussi, comme tout un chacun, j’aurai mon quart d’heure – pas américain mais télévisé – de gloire nationale. Mais mon passage de l’ombre à la lumière, même instantané, tarde à venir. Alors je l’attends, inexorablement attiré par la luminosité de mes écrans. Identique au moucheron qui cherche à atteindre l’ampoule du lampadaire, je reste sous l’attraction de cette lueur sans jamais l’approcher. Je la regarde, je la désire, mais, à trop me cogner l’ego, je ne récolte que des bleus à l’âme. Il me paraît logique de chercher une alternative : le Web et ses buzz quotidiens étaient la solution qu’il me fallait. Les gens sont moins regardants quant à la qualité sur l’Internet. La quantité prime, je pourrais donc m’immiscer parmi cette masse.

Chacun prend des centaines de photos tous les ans et les publie sur des sites communautaires. Le culte de l’instant, de l’instantané même. Ce satané instant de gloire, qui m’échappe encore. S’inscrire dans le temps : impossible. Tout change trop vite. Je suis assis sur des plaques tectoniques qui, au lieu de se mouvoir d’une vingtaine de centimètres par an, vont à deux cents kilomètres par heure. Impossible de me stabiliser, d’avoir un quelconque repère. Je ne retiens que des miettes de tout ce qui passe devant mes yeux. D’ailleurs, à trop avoir fixé la lumière, mes yeux craignent l’ombre, et mes pensées, mitraillées par les informations futiles, redoutent le calme et la méditation. Ma réflexion est asphyxiée sous l’amas des réceptions auxquelles je suis quotidiennement sujet. Je demeure comme tel : un récepteur.

Voilà peut-être pourquoi la majorité de ce que partage avec mes cyber-contacts est dénuée d’intérêt. L’hystérie collective – à laquelle je participe – contrecarre d’emblée toute tentative d’élévation de la qualité des informations. Je suis envahi d’un délire qui fuit la sérénité et la contemplation, mes mains ne se touchent plus, elles préfèrent la caresse d’un écran tactile. Je me suis totalement tourné vers les autres pour trouver en eux la confiance que je n’ai pas pour moi-même. Allumés, tous ces écrans me renvoient les images du monde, ce monde qu’on a façonné pour moi, pour que je m’y sente bien. Éteints, la seule image qu’ils m’offrent, c’est la mienne. Celle que j’ai tant de mal à comprendre et à accepter. Celle-là même que je fuis, écran n’est sûrement pas synonyme d’abri sans raison. Je m’y réfugie et m’efforce d’attirer l’attention qui manque à ma vie. Exister, même virtuellement, mais exister dans le regard de l’autre.

C’est alors que je me rappelle une phrase de Cioran, du temps où je lisais autre chose que des écrans : « Si l’on pouvait se voir avec les yeux des autres, on disparaîtrait sur-le-champ ».

 

 

 

EDIT (13:54) 

Suite à l’article, nous avons reçu une capture d’écran qu’il nous a paru bon de partager avec vous.

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Merci à Marian, son bébé panda et son adorable chaton qui parle (ils sont forts ces japonais !).

Par leshainarques le 12 octobre, 2009 dans leshainarques, Religion, Societe
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